A propos
Le GMMP en Communauté française de Belgique
Depuis le début du projet (1995), des résultats "belges" sont repris par le GMMP, mais il s’agit des seuls résultats relatifs aux médias néerlandophones collectés par l’Université de Gand. Jusqu’en 2010, l’enquête n’a donc jamais eu lieu en Communauté française, ce qui la prive d’une étude quantitative et qualitative menée selon une méthode de codage et d’analyse éprouvée, comme de points de comparaison avec d’autres pays (espace) et des périodes antérieures (temps). Il s’agit donc d’une première en Belgique francophone !
Fin 2009, l’Association des journalistes professionnels (AJP) prend l’initiative de fédérer les énergies et les compétences d’une série de personnes, organismes ou associations intéressés pas les questions de genre et de médias, afin de mener à bien cette enquête du GMMP en Communauté française. Les membres de cette équipe (détaillée infra) proviennent :
de l’Association des journalistes professionnels (AJP),
du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA),
du Département d’information et communication des Facultés universitaires de Mons (FUCAM),
de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ),
de l’Institut fédéral pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH),
de l’Observatoire du récit médiatique de l’Université de Louvain (ORM),
de l’Université des femmes (UF).
La pertinence et l’urgence d’une analyse belge francophone
Il n’existe aujourd’hui aucune étude relative aux questions de genre dans l’information en Communauté française, contrairement à ce qui se fait en Communauté flamande et dans d’autres pays européens. Raison pour laquelle la réalisation d’une telle étude fait partie des recommandations du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), suite à l’avis demandé par la ministre belge francophone de l’Audiovisuel, Fadila Laanan, en 2006.

A l’époque déjà, le CSA recommandait dans ses conclusions1 :
- au gouvernement de financer et de faire réaliser un monitoring annuel ou bisannuel de l’évolution de la présence et de la représentation des femmes dans les services de radiodiffusion ;
- de recourir pour ce faire aux outils d’analyse existants ; d’en publier régulièrement les résultats à destination des différents acteurs du secteur et du public ;
- (…) de financer et mener des études spécifiques aux questions de genre dans les services de radiodiffusion.


La "Déclaration de politique communautaire 2009-2014" du gouvernement de la Communauté française de Belgique accorde par ailleurs une attention particulière à la question de l’égalité des genres et entend promouvoir la lutte contre les stéréotypes sexistes dans les médias2.

Enfin, dans sa récente étude expérimentale sur "la représentation de la diversité à la télévision belge francophone", le CSA conclut, entre autres, à "une sous-représentation des femmes par rapport aux hommes (1/3 - 2/3 parmi les intervenants que l'on voit à l'écran et qui s'expriment)"3 .

Si donc les médias semblent reproduire des inégalités déjà présentes au sein de la société belge, et si les autorités belges et internationales recommandent de travailler à les réduire, l’enquête GMMP devient d’une brûlante et pertinente nécessité.

L’objectif du travail mené par l’équipe belge francophone est double :

puce informer les milieux académiques, journalistiques, d’enseignement du journalisme et de la communication ainsi que les décideurs politiques des résultats de l’analyse sur « who makes the news » en 2010. Cette diffusion des résultats prendra diverses formes afin de toucher au mieux chaque public concerné (rapport scientifique, site web, brochure à large distribution, etc.).

puce
mettre en place plusieurs dispositifs qui améliorent l’appréhension du genre dans l’information médiatique, afin de contribuer au renforcement de la qualité de cette information. Plusieurs propositions concrètes sont énumérées au terme de l’analyse. Toutes ont pour but de :
sensibiliser les décideurs politiques sur d’éventuels changements législatifs en matière de régulation des médias ;
proposer des formations continuées au monde journalistique sur les questions de genre dans l’information ;
proposer des formations continuées aux services de communication des entreprises privées, des organismes publics et du secteur associatif ;
organiser des modules de formations à destination des futurs journalistes et des futurs communicateurs ou communicatrices (en entreprise, dans le secteur associatif, dans le secteur public) encore sur les bancs des hautes écoles et des universités ;
organiser des modules de formations continuées à destination des formateurs et formatrices en communication.

Au-delà de la diffusion des résultats de l’enquête GMMP, l’intérêt final du travail ici mené est bien de pouvoir élaborer - en connaissance de cause - des campagnes d’information, de sensibilisation et de formation ciblées. Autrement dit, après avoir fait prendre conscience d’inégalités genrées scientifiquement observées, il s’agit d’induire un réflexe de questionnement sur les pratiques, voire une demande de formation, et par delà, d’inverser la tendance. Au final, cela sera tout bénéfice pour la qualité de l’information diffusée au public.




1. CSA, Collège d’avis, avis n°05/2006
2. www.cfwb.be/fileadmin/sites/portail/upload/portail_super_editor/Docs/declaration_politique_communautaire.pdf (p. 137-138).
3. C. BODSON, La représentation de la diversité au sein de la télévision belge francophone, Bruxelles, CSA, 2010, www.csa.be/system/document/nom/1207/Catherine_Bodson_repr_sentation_diversit__d_c2009.pdf

Illustration de Cécile Bertrand
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